Le damier ruiné

Un jardin qui explore la collaboration entre les vivants (25)

Mission : Conception et réalisation d’un jardin
Où : Arc-et-Senans (25)
Quand : Automne 2021 à printemps 2022
Pour : Festival des jardins de la saline royale d’Arc-et-Senans
Mandataire : Margaux Fouquet (PMU), Antonin Balestro, Hugo Decoux et François Roumet, paysagistes D.E.

Contexte

Chaque année, la saline royale d’Arc-et-Senans propose à des concepteurs de réfléchir à la mise en œuvre d’un jardin sur une thématique. En cette année inaugurale du festival, c’est Gille Clément qui formula la thématique des « Oursons Métisses », d’après l’expression de Baptiste Morizot, invitant à explorer d’autres façon d’habiter nos lieux de vie. Conçu puis réalisé par notre équipe, aux côtés des élèves du CFA de Gueugnon, ce jardin explore la collaboration entre humains et non-humains pour imaginer de nouveaux paysages entremêlés, dans lequel l’humain redéfinit sa place parmi vivants.

Le damier ruiné

Répondant à une lettre lancée par Gilles Clément à l’occasion du Festival des jardins d’Arc-et-Senans, sur la thématique des « Oursons Métisses », ce jardin conçu et réalisé en 2022 propose d’explorer un nouveau rapport collaboratif entre les vivants. Ode à la cohabitation et à la quête d’une juste place de notre espèce au sein d’un règne animal et végétal, c’est par des règles du jeux, que l’on entre dans le jardin :

« Vous êtes un pion vivant. Vous voilà dans le damier, votre but : le ruiner. Pour cela, vous collaborez avec d’autres pions vivants : les englobantes, les dispersées, les flottantes, les rampantes, et les colporteuses (équipe végétale), mais aussi avec les ailés, les pattés et les tunneliers (équipes animales). Ensemble, vous n’avez en votre possession que le vent, vos pieds, la lumière, la pluie, vos envies de déambuler pour jouer. Pour simple repère, un damier dans le damier. A vos côtés, les canapions à déplacer sans raison. Ce jardin invite au jeu, fabrique de l’imaginaire pour faire avec les enjeux de nos sociétés. Le damier ruiné moderne fait l’éloge du désordre et du mélange nécessaire à notre survie. Le roi est forcé de capituler face aux pions qui forment un tout. »

Naissance du jardin

Inauguration du jardin

Équipe pour ce projet :
Margaux Fouquet (PMU), Hugo Decoux et Antonin Balestro, paysagistes D.E.

Le jardin phénix

Un jardin qui explore la haie des pavillons comme commun (25)

Mission : Conception et réalisation d’un jardin
Où : Arc-et-Senans (25)
Quand : Automne 2022 à printemps 2023
Pour : Festival des jardins de la saline royale d’Arc-et-Senans
Mandataire : Margaux Fouquet (PMU), Colin Drouin et Sullivan Doublet

Contexte

Chaque année, la saline royale d’Arc-et-Senans propose à des concepteurs de réfléchir à la mise en oeuvre d’un jardin sur une thématique. Cette année, c’est la thématique de « Poésie et peinture » qui est mise à l’honneur par le jardin phénix. Conçu puis réalisé par notre équipe, aux côtés d’établissements scolaire spécialisés, ce jardin explore la poétique des jardins privés et le rapport au monde qu’elle exprime.

Le jardin phénix

Le jardin phénix explore la poétique habitant la monoculture du pavillon péri-urbain. La maison phénix est un système duplicable : maison, jardin, haie, clôture, comme typologie lambda. Conçu comme le décor d’une vie à la maison, le jardin en est un tableau aux codes de composition très précis, hérité d’une culture pavillonnaire. Ce tableau est entretenu, rigoureusement.

Dans cet univers de similitudes, segmenté de haie comme remparts pour une intimité recherchée, quelques poésies s’écrivent. On retrouve alors des histoires, racontées par les habitants-paysagistes au travers de leur jardin, qui exprime des façons d’être au monde. Les jardiniers de ces histoires, occupants des pavillons, fabriquant de poésie, les voici : l’anti-jardinier, l’éco-centré, le collectionneur ou encore, le jardinier se donnant en représentation.

Le modèle « maison phénix » tend au jourd’hui à s’essouffler, comportant son lot de désillusion. Le projet questionne le devenir de ces espaces où l’on se cache à l’abri de sa haie, dans le bocage pavillonnaire. Si le concept du pavillon tombe en ruine, son jardin deviendra-t-il l’espoir de la maison phénix ?

Le jardin phénix expérimente des issues, par la ruine du jardin, des codes du pavillonnaire. Ici « ruiner » ne signifie pas l’abandon physique, mais un abandon du concept. Pour ce faire, l’attention est portée sur la haie, autrefois « mur vert », seul bien commun en la possession des habitants. Épaisse et pluri-strate, elle devient l’espace d’expressions des différentes poétiques des habitants-paysagistes. Par l’entretien d’autres poésies s’invitent : pelouses mutant en prairies, végétation spontanée se mêlant aux spécimens archétypaux du pavillon, ect. Le jardin phénix naît de cette ruine du modèle, renfermant l’entre-soi, permettant aux jardins ainsi qu’à leurs maisons de renaître de leur cendre.

Naissance du jardin

Inauguration du jardin

Équipe pour ce projet :
Margaux Fouquet (PMU) / Colin Drouin et Sullivan Doublet, paysagistes D.E.